Lycée Philippe Lamour
Écrire l'intime au féminin
Un mot
J'ai pu, tout au long de ces heures et de ces lignes partagées, échanger avec des jeunes à l'écoute, attentifs et motivés, dotés d'un bel humour, prêts à se dévoiler, à dire leur réalité, leurs ressentis.
Jacques-Olivier Durand
Jacques-Olivier Durand
Auteur
Bilan très positif sur tous les plans : la relation avec Jacques-Olivier Durand a été très facile et immédiate. Les élèves lui ont fait d’emblée confiance, il a su les entourer et les rassurer par des conseils avisés, bienveillants mais jamais directifs, les élèves se sont sentis libres de créer et se sont livrés avec une grande sincérité. Les relations au sein de la classe se sont soudées autour de ce projet, qui a fédéré le groupe et l’équipe pédagogique.
L'équipe enseignante
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Les sons de l'atelier
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Reportage

Les radios RAJE et Sommières en partenariat l’ARRA (l'Assemblée Régionale des Radios Associatives Occitanie / Pyrénées-Méditerranée) ont retrouvé les élèves du lycée Philippe Lamour de Nîmes et l’auteur Jacques Olivier Durand qui les a accompagnés toute l’année.

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Inédit

Michel lit Jacques Olivier Durand : « Cette transmission ne peut se vivre que comme un échange où chacun apprend de l’autre »

Les réalisations

En bref

l'établissement
Lycée Philippe Lamour
la ville
1 rue de l'Occitanie 30000 Nîmes
la classe
Première Littéraire 1 (16 ans)
les intervenants
L'auteur : Jacques-Olivier Durand | Isabelle Lacroix (enseignante Lettres et Théâtre)
le thème
Ecrire l'intime au féminin

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L'amoureux

Dimanche 26 juin 1919

C'est le début de l'été, le soleil brille mais l'air reste frais.
Je suis allée me promener avant de m'arrêter devant la forêt.
Le paysage était agréable mais le côté sauvage m'a fait peur, tellement peur que lorsque j'ai senti une présence, j'ai sursauté comme une idiote et je me suis levée dans la précipitation.
C'était un jeune homme.
J'ai pensé qu'il allait continuer sa route et je me suis rassise.
Mais il s'est retourné et j'ai croisé son regard, embarrassée.
Je ne parvenais pas à détacher mes yeux des siens, jusqu'à ce qu'il me demande son chemin et vienne s’asseoir près de moi.
Gênée, je ne sais que dire.
Je pense encore à ses mains, si fines, si blanches. Ce ne sont pas des mains de paysan, elles sont belles et fragiles, sa peau est si claire, son corps n'est ni robuste ni agressif, presque fluet.

C'est lui qui a engagé la conversation, me précisant qu'il était étudiant à Paris, qu'il avait passé la semaine précédente les épreuves écrites d'un difficile concours, et préparait les épreuves orales, au calme, chez sa tante où il est en vacances.
J'espère le rencontrer à nouveau.
Il est si différent, si savant, personne ici ne s'intéresse aux études. La prochaine fois, je lui parlerai et lui demanderai plein de choses, tout ce que je pourrai.
Qu'est-ce que je dis là ?... Je n’arriverai pas à sortir un mot, et puis je ne lui ai même pas demandé qu'on se revoit.
Mais je retournerai dans la forêt.
Oui, j'y retournerai dimanche, à la même heure, et j'attendrai jusqu'à ce qu'il vienne...
J'y retournerai !

Mouyna Ali

 

27 Juin 1919

Dimanche, au cœur de la forêt, devenue mon havre de paix, je l'ai rencontré.
Pour un enfant de la ville, il est ordinaire mais pour moi femme de la campagne, il est extraordinaire.
Il semble n'y avoir aucune limite à son savoir qu'il accepte de partager avec moi. Je bois ses paroles pleines de philosophie qui ouvrent mon esprit sur plus de réflexion. Il m'offre ce bonheur dont j'ai oublié le goût, je n'ose pas lui avouer ce qu'il éveille en moi. Un sentiment de bien‑être, d’accalmie au milieu de la tempête qu'est ma vie. J’espère le retrouver dimanche prochain au même endroit, à notre point de rendez-vous, pour apprendre toujours plus de lui et de ses lectures dont il m'a parlé hier.

Fanny Morer

 

12 décembre 1919
Louis et moi, nous nous sommes promenés dans cette forêt qui autrefois me faisait peur.
Louis m’a mise à l’aise. Dès qu’on s’est arrêté, il m’a dit : « N’oublie jamais, cette forêt est comme une personne. Elle fait peur au début car il y a ce sentiment d’inconnu mais dès qu’on apprend à la connaître, elle sait te mettre en confiance et te montrer toutes ses merveilles. »
Je n’oublierai jamais cette phrase. Tu as été le seul à me comprendre, le seul à me pousser vers le haut, au contraire de ma famille, avec une  mère absente, un père tyran et ignorant.
J’ai continué cette magnifique balade au bras de mon amoureux quand, tout à coup, j’ai vu Louis, essoufflé. Affolée, je lui ai demandé si ça allait... Il m’a souri pour me rassurer. J’ai eu si peur… notre promenade s’est terminée à cause de la pluie, nos mains, nos corps ont été séparés pour faire place à ce sentiment d’abandon.
Je le reverrai la semaine prochaine.

 


19 décembre 1919
Déjà une semaine de passée. Sans Louis, ma vie se résume à un vulgaire sablier. Elle se consume en ne laissant place qu’à la tristesse et au travail. Je suis malheureuse, tellement malheureuse.
Je l’ai attendu, à notre endroit secret. Pendant des heures, j’ai fixé le bout du chemin. En vain.
J’ai senti des gouttes couler le long de mes joues, c’étaient mes propres larmes. À peine l’avais-je compris qu’une pluie torrentielle s’est abattue sur moi ; les coups de tonnerre faisaient écho aux battements de mon cœur.
Quand je suis rentrée chez moi, une enveloppe vierge était posée sur mon lit. Je l’ai ouverte avec anxiété. Mon regard ne pouvait se détacher de cette magnifique écriture. Chaque mot était aussi doux que la neige de décembre que je voyais tomber par la fenêtre de ma chambre.
Au moment où mon regard s’est arrêté sur la signature, mon cœur a cessé de battre.
Louis m’annonçait qu’il était atteint de la tuberculose, une maladie que je ne connaissais pas mais contre laquelle, selon ses dires, on ne pouvait rien faire.
Il terminait sa lettre par une citation d’un certain Shakespeare : « Ce que l’amour peut faire, l’amour ose le tenter ».
Ajoutant : « Ce que j’ai osé avec toi, je ne l’aurais fait avec personne. Je t’aime. »
L’amour est une rose épineuse qui pousse dans le cœur, a-t-on coutume de dire. Je ressens à présent ces épines et la douleur qu’elles peuvent infliger. Je me promets, en ce jour, de ne plus jamais tomber amoureuse.

Samantha Garcia

 


27 décembre1919

Cher Louis
Peut-être ne recevrez-vous jamais cette lettre
Je l’écris avec incertitude
Je ne sais si je dois vous l'envoyer
Je pense que j'ai un manque de courage
Mais si vous avez l'occasion de la lire
Sachez que l’écrire et l'envoyer a exigé
beaucoup d’interrogations sur moi‑même
Jamais auparavant je n'aurais osé avouer mes sentiments,
qui vont au-delà de la tendresse, pour un garçon
À ce moment de votre lecture, vous devez penser que je suis amoureuse de vous
Vous, un homme rencontré par pur hasard dans la forêt
Mais vous le dire est pour moi une façon de me libérer l'esprit
Une manière de m'apaiser moralement
Je n'attends pas de retour de votre part
Vous le dire était pour moi une nécessité
Vous, Louis avec quelques mots, vous avez changé ma vie
Ma vie d’esseulée
Vous avez réussi à me faire oublier momentanément ma triste vie

Je vous en remercie.

Maessa Kilouli


Lundi 14 janvier 1920

Peut-on ressentir le manque de quelque chose qui ne nous a jamais appartenu ?
De quelqu'un qui ne nous a jamais appartenu ?
Rencontre.
Espoir.
Attentes.
Vide.
Quatre petits mots qui évoquent le court moment de joie qui a envahi mon cœur, en le faisant battre pour la première fois.
J'ai eu peur, honte de partager mes pensées avec lui, et maintenant le regret me consume de l'intérieur.
J'aurais pu lui dire que grâce à lui, j'ai ressenti en moi, pour la première fois, des sensations nouvelles, des forces insoupçonnées.
Que j'étais prête à découvrir l'amour, à me réfugier dans ses bras, là où rien d'autre n'avait plus d'importance.
Là, où le reste du monde ne faisait plus de bruit, comme plongé dans le silence le plus total.
Grâce à lui, je venais de renaître, comme les arbres de cette période qui venaient de mettre leurs nouvelles feuilles.

Moi, comme les arbres, j'attendais des bourgeons, j'aspirais aux fleurs et je rêvais des fruits.
Je m'attendais à ce que notre amour se développe, mûrisse.

Et puis, un jour, tous mes rêves, toutes mes aspirations ont été balayés par le vent.
Mes arbres n'ont pas eu de fleurs, et donc pas de fruits.
Ils ont même perdu le peu de feuilles qu'ils avaient.

Je croyais avancer vers l'été et la chaleur de l'amour mais, d'un coup, je me suis retrouvée au milieu de l'hiver, au cœur d'une tempête froide, de la solitude qui, j'en ai peur, sera éternelle.

Oumayma Dennouni


Un jour de juin 1922

Mon unique amour

Obscure, voilà comment je vois ma vie depuis ta mort.
Mon cœur connaît le vide et mon corps connaît le manque.
Un manque qui jamais ne sera comblé.
La douleur, jamais je ne l'ai ressentie aussi forte, chaque jour elle me creuse et me consume.
Ce froid hivernal entre le doute et la peur ne peut me laisser entrevoir un peu de bonheur.
Louis, ton prénom hante mes nuits, mes jours, ma vie.
Il résonne dans mon être tout entier, il est l'écho de mes regrets.
J'ai vécu dans une léthargie constante, jusqu'au jour où tu es apparu.
Je nous croyais immortels, invulnérables, indissociables, mais je me suis trompée, tu t'en es allé sans même me dire un mot, sans même me dire adieu.
Et le bonheur que tu m'avais donné, en un instant a cessé de m’habiter.
Mon corps autrefois chaud, jamais plus n'oubliera cette froide pluie par laquelle tu péris.
Adieu mon ange, ma vie, mon unique amour.
Mareva Kerisit-Floricello

 

22 juin 1922

Je suis submergée par une infinité d'émotions. Un tourment errant dans les sombres saccages. La dame vêtue de noir frappe à la porte. Elle est là, s'installe à mes genoux, ma seule compagnie, ma nouvelle amie. Un néant. Un gouffre emportant le printemps et les exquises heures d'un doux été.
Les passions lointaines voyagent au gré du vent. Et d'une tempête explosent les amours. Un chuchotement, un murmure, un silence.
Une partie de moi est déchirée.
Au fond de moi, la douleur ne cesse de croître. Un feu destructeur me consume peu à peu.
Un véritable saccage, il ne reste plus rien en moi, il ne reste plus rien de moi.
Je suis effacée car, sans lui, plus rien ne peut être joie. J'aimerais épuiser l'éternité sur moi pour qu'elle puisse arpenter les sinistres couloirs et semer de la gaieté sur ce corps frêle retrouvé.
Un délice d'amertume, un souffle coupé.
Une fleur épanouie, qui disperse l'euphorie d'un instant.
Je veux me saouler de printemps.
M’enivrer des plaisirs frivoles.
Mais sa perte m'abandonne à sombrer dans les abîmes.
Une âme pure s'évaporait et mon âme consumait.
La solitude passant dans la salle m'enlaça tendrement,
Je ne pus résister, je sombrais.
Une lumineuse obscurité.

Laurie Jean Elie

 

Souvenirs, souvenirs
L'auteur / L'autrice

Jacques-Olivier Durand

Auteur
Roman, nouvelle

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jacques olivier durand

Chère Virginia Woolf,
Il y a longtemps que je n'avais pas eu de vos nouvelles, puis voilà que, coup sur coup, vous vous rappelez à mon bon souvenir. D'abord avec l'hasardeuse opportunité de revoir le magnifique film qui vous est en partie consacré The hours.
Et puis, comme une plume tombée de la branche, il y a ce projet autour et à partir, de votre livre Une chambre à soi où vous nous rappelez combien les femmes sont restées longtemps sous la dépendance masculine, et n'ont pu affirmer librement leur génie créateur.
La lecture ou la relecture de quelques autres ouvrages préparatoires, en écho avec votre propos, ont confirmé combien cette insupportable dépendance (matérielle, affective, spirituelle…) que vous dénoncez dans votre pamphlet, a été subie par de nombreuses femmes artistes jusqu'à très récemment encore.
Je pense à Charlotte de David Foenkinos, consacré à la vie de Charlotte Salomon, à Être ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui retrace le douloureux parcours de vie de Paula M. Becker, mais aussi à La femme rompue de Simone de Beauvoir ou à L'amour et les forêts d'Eric Reinhardt…
C'est d'abord sur les traces, non pas d'une femme artiste, mais d'une modeste paysanne du Bugey que leur professeur a entraîné les jeunes élèves du lycée Philippe Lamour de Nîmes : la mère de l'écrivain Charles Juliet, telle qu'il l'évoque dans son magnifique livre, Lambeaux.
À travers le destin tragique de cette femme, Charles Juliet a voulu donner la parole à ces êtres et particulièrement ces femmes « bâillonnées, exilées des mots, qui n'ont jamais pu parler parce qu'elles n'ont jamais été écoutées ».
Les élèves ont imaginé ce que cette femme, meurtrie et silencieuse, oubliée et torturée, pouvait éprouver, ressentir et écrire à elle-même, à ses enfants, à son professeur, à son amoureux, dans les seuls recoins où l'expression de ses émotions, ses tentatives vers l'écriture, lui étaient possibles, son journal intime et sa correspondance.
On a ensuite, ensemble, forcé quelques serrures, franchi les portes de lieux de l'intime, refuges de non-dits, jardins secrets où étaient enfouis des douleurs cachées, des larmes retenues, des dialogues impossibles, des corps blessés, des amours inachevées mais on a aussi entr'ouvert de précieux coffrets, emplis de promesses et d'espoirs insoupçonnés, d'écrits inédits : des chambres évidemment, mais aussi une grotte, une salle de concert, une maison de vacances, les rues d'une ville, le ventre d'une mère, les allées d'un cimetière, un parc public à Heidelberg, une salle de bain, la clairière d'une forêt…
Finalement, peu de lieux à soi qui soient les refuges d' une expression artistique dissimulée, comme si pour ces jeunes l'acte créateur n'avait plus besoin de se cacher pour exister, comme s'ils ne craignaient pas de l'afficher, qu'ils soient filles ou garçons, musiciens ou plasticiennes. Peut-être aussi parce que les expressions artistiques sont, pour eux, plus souvent collectives qu'individuelles. Peut-être encore, parce que les révéler restait trop difficile, même avec l'entremise fraternelle de la fiction ?
Ils se sont enfin confrontés au couple masculin/féminin pour constater que si la situation s'est heureusement améliorée pour les femmes artistes d'aujourd'hui, rien n'est encore gagné pour elles dans de nombreux domaines, que le sexisme n'a pas rendu les armes (profil de carrières, inégalités salariales, dépendance financière, harcèlements et maltraitances…) et qu'on assiste même à de dangereux retours en arrière (droit à l'avortement, burkini…). Pour ne parler que de notre continent.
Bref, le combat que vous avez engagé, chère Virginia, n'est pas encore totalement gagné, un siècle après. Cependant, c'est le plus souvent sur d'autres terreaux qu'ils ont semé leurs écrits, soulignant moins l'opposition que la dualité ou la complémentarité, parfois même la confusion entre elle et lui, fustigeant quelques stéréotypes tenaces, mais surtout en jouant sur les effets de miroirs, sur de possibles convergences au-delà des apparences : « Sans elle, pas de il… Ses ailes, son île ».
Au cours de nos rencontres – c'est bien le mot –, j'ai eu la chance de pouvoir m'appuyer sur la juste complicité d'une professeure de lettres, comme tant d'élèves aimeraient en avoir, ouverte au monde et à tous les arts, stimulant sans cesse l'envie de découvrir, de lire, d'aller au théâtre, du fureter dans les expos… À l'initiative de cette rencontre avec vous, elle en a été l'âme et la cheville ouvrière.
J'ai pu, tout au long de ces heures et de ces lignes partagées, échanger avec des jeunes à l'écoute, attentifs et motivés, dotés d'un bel humour, prêts à se dévoiler, à dire leur réalité, leurs ressentis, à imaginer des intermédiaires fictionnels porteurs de leurs préoccupations et de leurs interrogations. J'ai aussi découvert de très belles et prometteuses écritures.
Le projet « une chambre à soi : à elle, à lui » qui nous rassemble, vous, Madame, eux, leur professeure et moi, est aussi une opportunité pour nous interroger sur la transmission sans laquelle l'art et la culture resteraient souvent feuilles mortes.
La transmission ne peut rester affaire de spécialistes ; elle n'a d'intérêt que si elle se fait dans les deux sens, entre les générations, entre les vivants, entre les morts et ceux qui désirent naître, entre ceux qui croient savoir et ceux qui veulent découvrir. Elle redessine nos rapports, redonne à chacun une place, interchangeable, tantôt donnant, tantôt recevant.
Cette transmission ne peut se vivre que comme un échange où chacun apprend de l'autre. Car même si l'espace public nous rend trop souvent anonymes, n'oublions jamais que nous sommes en tous lieux, intimes ou publics, des « êtres avec les autres », au-delà de nos solitudes, de nos certitudes, de nos inaptitudes. C'est cette évidence que nous ont rappelée ces jeunes au cours de ces rencontres, même fragmentées, jouant le jeu sans sur-jouer, révélant sans s'étaler, proposant sans opposer, écrivant sans se prendre pour des écrivains.
Il est des lieux privilégiés où l'« être ensemble », comme on dit aujourd'hui, où le « nous qui est déjà en nous », s'impose comme une évidence.
Ainsi sont les théâtres où le public « ici, présent » n'est pas un simple rassemblement d'individus mais une confrérie éphémère, une fraternité d'amateurs passionnés (n'est-ce pas un pléonasme ?), une communauté d'individus qu'on appelle spectateurs, venus goûter et partager ensemble le même moment, réunis par une parole, une histoire, des comédiens et sans qui ledit spectacle ne serait pas vivant.
Ainsi en est-il aussi de la classe, ce lieu « commun » où chacun est lui-même mais « avec les autres », où chacun ne peut être lui sans ces autres. Ne soyons ni aveugles ni naïfs, je veux parler ici de la classe quand elle est vécue comme lors de ces rencontres d'écriture où chacun a pu apporter son talent, laisser entrevoir son histoire, suggérer son imaginaire, dans l'échange avec les autres qui sont cette partie constitutive de nous-mêmes, comme d'étranges petites voix intérieures qui résonnent en chacun de nous.
Je ne peux qu'être heureux d'avoir été là, d'avoir pu partager ces instants riches et simples avec ces jeunes filles et ces jeunes hommes et leur professeure, grâce à vous, chère Virginia Woolf.
Nous aurons bientôt le privilège de nous et de vous retrouver, acteurs et public, auteurs et spectateurs, au théâtre justement, pour assister à la mise en voix et en espace de quelques-uns de ces textes.
Car figurez-vous, qu'outre leur « chambre à soi », ces jeunes ont leur « lieu à eux », et ce lieu, c'est le théâtre !…
Comme nous aurions aimé que vous fussiez-là, avec nous !

L'établissement

Lycée Philippe Lamour

1 rue de l'Occitanie

30 000

Nîmes

Chef d'établissement

M. Jean-François Raynal